Grand OFF 2026

Depuis des années, les acteur.ices du FIBD ont tiré le signal d’alarme concernant l’organisateur 9ème art+,

pour des raisons de gestions opaques et douteuses, des cas de VHSS invisibilisés et normalisés et des

prix graduellement exorbitants (pour les festivalier.es et exposant.es).

À l’heure de faire un nouvel appel d’offre après 16 ans de collaboration douloureuse, celui-ci a été reconduit par l’association du festival international de la bande dessinée d’Angoulême avec l’assentiment des pouvoirs publics.

Un boycott déféré autour du girlxcott (boycott mené par les autrices de BD) a mené à l’annulation du festival 2026.

Acteur.ices de la bande dessinées ont démontré que iels ont le pouvoir d’agir.

Et que l’on peut, ensemble, renverser les organisations véhiculant des violences systémiques.

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Mais le FIBD était devenu vital pour de nombreuses structures : maisons d’éditions locales indépendantes mais aussi pour les commerces, sociétés d’évènementiels, imprimeurs, etc.

Angoulême bouillonne toute l’année de propositions culturelles riches, mais le FIBD permet en 4 jours seulement de booster l’économie de certains secteurs.

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Il était donc primordial que de ce boycott nécessaire naisse un devenir fertile.
Parce que ce moment fort autour de la BD fait parti de l’ADN de la ville, parce qu’un certain nombre d’acteurs sont dépendants de cette économie, parce qu’il ne fallait pas perdre le publique et les médias ne serait-ce qu’une année. Parce qu’il fallait semer des possibilités de futurs communs et viables, toustes ensemble, nous nous sommes mobilisé.es pour imaginer un évènement inclusif et respectueux de nos revendications, c’est à dire :

    • La gratuité pour toustes : exposant.es, participant.es, festivalier.ères.
    • Une représentation équitable de tous les corps de métiers de la bande dessinée.
    • Une attention particulière sur les questions des VHSS et toutes les formes d’oppressions.
    • La rémunération de tous les intervenant.es de l’évènement.
    • Un temps de partage et non un supermarché où on enchaine les dédicaces.
dédicace de "Nous somme la voix de celles qui n'en ont plus" de Paola Guzzo & Cécile Rousset (conférence "Donner la parole aux luttes" par "Le Pavé Bibliothèque engagée")

Pour ces multiples raisons, acteur.ices de la bande dessinée ont crées, en partenariat avec la ville d'Angoulême « LE GRAND OFF »

Une des singularités du FIBD, était son OFF grandissant d’années en années.

Il était évident de penser l’évènement comme une expansion de ce OFF pullulant de propositions hybrides,

alliant bande dessinées à divers formes d’expressions artistiques et modes de manifestations, mais surtout,

l’édition et/ou la création indépendante est à la première place.

Une organisation collective en un temps record

Son organisation a été pensée de manière collégiale avec les auteurices, les maisons d’édition, les librairies,

les associations diverses, les collectifs de créateurs, les établissements culturels, les commerçants, etc.

Pour que chacun.e ait sa place, qu’il n’y ait pas d’unique entité décisionnaire, mais, un ensemble d’individus

qui agit avec respect des compétences et des investissements respectifs.

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Le temps a été extrêmement restreint. Pour une organisation qui nécessite une année complète,

nous avons eu seulement 2 mois.

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Avec le retrait officiel de 9ème Art +, nous avons pu accéder à tous les lieux de la ville devenue alors une

grande page vierge sur laquelle les mains multiples ont pu (re)dessiner un évènement émancipé.
Une collaboration avec la ville d’Angoulême a été menée pour financer le Grand Off à l’aide de

subventions publiques, acteur.ices de la culture restant néanmoins décisionnaires de son essence.

Une programmation foisonnante et éclectique

In fine, en 4 jours, 96 000 « passages » ont été recensés (1 passage = 1 entrée dans un lieu) et 60 lieux ont été investis dans toute la ville par plus de 150 manifestations.

Au programme : rencontres, tables rondes, spectacles, performances, concerts, concerts dessinés, projections, stands ambulants, ateliers et animations pour jeunes publics, en plus des nombreux stands, dédicaces

et expositions.

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En continue et en direct, ZaïZaï Radio a animé les rues d’Angoulême.
Tous les soirs, la ville a grouillé d’une effervescence festive grâce à la programmation musicale du Futur OFF

mais aussi grâce aux nombreuses propositions de soirées éclectiques. 

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Une offre inédite pour les publics scolaires a été mise en place, avec 38 manifestations de la maternelle au lycée, allant d’une exposition avec ateliers pour « Comprendre la chaîne du livre », à une « rencontre ludique et sensorielle autour de 12 œuvres à manipuler », à encore une « Fresque monumentale, pensée comme un immense jeu d’observation ».

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En cohérence avec la genèse du Grand OFF, syndicats de la culture et collectifs militants ont eu la place d’être représenté.es : tables rondes du Girlxcott, espace Charente Palestine, rencontres avec l’adaBD/Intersyndicale…

Un bilan inspirant

Ce Grand OFF ne fût pas international.
Il ne fût pas parfait, il n’a pas pu remplir les hôtels et restaurants de la ville.
Mais
Il fût l’incarnation tangible de nos pouvoirs à agir ensemble.
Il fût cristallisation d’un devenir inspirant, qui s’essaye à (re)penser des modes fertiles et inclusifs.

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Plusieurs témoignages justifient leur venu à Angoulême parce que les modalités du Grand OFF le permettaient (à contrario du FIBD organisé par 9eme Art+).

La sensation de retrouver un FIBD « comme à ses origines » (accessible, festif et respectueux) est partagé par le plus grand nombre

exposition "La timidité des arbres" de Dimitri Tsekenis
installation "Le train fantôme" de Stéphane Blanquet
mini-conférence sur les dessous de la Bédé par Titine avec le collectif Tankarville
le village des éditeurs

Et nous, qu’avons-nous proposé chez Eidola ?

Ateliers Miaou !
Nous avons pensé et fabriqué un espace d’accueil et d’activités pour les enfants et leurs accompagnant.es.
En s’inspirant des codes graphiques de la bande dessinée Miaou !, nous avons cherché à reconstituer une pièce de maison. Des mobilier en lignes bleus, aux tapis-chats, aux grands tissus repeints de fausses étagères, cet espace immersif se scindait en différents pôles : un espace d’ateliers accompagnés de médiatrices, un espace d’ateliers et jeux en autonomie, une zone calme et confortable de lecture.
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Toutes ces heures de préparations, entachées de bleus, ont réussi à recréer un environnement qui a suscité l’intérêt de bien des curieux.euses. Celui des scolaires les deux premiers jours, puis celui des enfants et de leur famille.
Y’avait du passage dans la maison miaou, un vrai moulin !
Lecture musicale Prelude of a Queen

La séance fût complète plusieurs jours avant la représentation, pour la lecture musicale de l’album  

Prelude of a Queen, par Banda Luztique, Drag Queen angoumoisine, d’une durée de 20min.

Cette performance sur le texte de Lili Miller repousse les frontières de la lecture traditionnelle grâce à une projection des illustrations animées de Zoé Crevette et la lecture scénographiée avec lipsyncs des chansons du livre écrites par Francky Gogo.

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Cette manifestation poétique et queer, sur l’acceptation de nos différences fût suivi d’une séance de dédicaces avec Zoé Crevette et d’un Photobooth avec Banda Luztique.

Exposition Le signe de Pao

L’exposition scénographiée de la bande dessinée Le signe de Pao, ne fût pas de tout repos pour ses créateur.ices, Juliette Vaast et Jean François Chanson. Les dédicaces se sont enchainées tout le long du Grand OFF. Au mur, on pouvait découvrir un mélange de dessins originaux et de planches, de matières et textures qui habitent le récit et d’un travail documentaire scénographié, sur l’art pariétal et les pratiques artisanales d’il y a 20 000 ans…

Les stands

Pour ce grand OFF, 2 stands Eidola Édition : aux villages des éditeurs (regroupant 80 exposant.es et 200 auteur.ices) et sur le plateau au Pavillon Unesco.
Au total, 12 auteur.ices/illustrateur.ices/coloristes ont été présents pour dédicacer et rencontrer les publics. Par vague, les vagabondeur.euses du grand OFF affluaient, mais il était (presque) toujours possible de prendre le temps de discuter, de partager les nouvelles trouvailles, d’échanger sur cet évènement inédit…

Merci à toustes, en espérant que les expériences vertueuses du Grand OFF imprégneront les futures éditions du FIBD d'Angoulême...

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